SAPEUR POMPIER  
 

 

Avant 1789, l'organisation du corps des sapeurs-pompiers de Dunkerque ne pouvait se comparer à celle d'aujourd'hui.

 

   Jusqu'à la Révolution de 1789, les corps de métiers étaient tenus de mettre à la disposition de la ville tous les hommes valides pour combattre les incendies.

   Chaque homme était muni d'un seau en cuir. La corporation des charretiers envoyait ses chariots, et les brasseurs leurs galères pour le transport des tonnes d'eau. La direction du service était confiée à 15 ou 16 personnes appelées "Egards", placées elles-mêmes sous l'autorité du magistrat.

 

   En reconnaissance de leurs services, la ville leur décerna, en 1774, une médaille d'argen. Ils portaient pour les distinguer, une plaque sur leurs vêtements et une enseigne était apposée à leur domicile.

   A cette époque, mise à part la pompe "Ballon", le matériel était des plus défectueux et on songea à le réformer. Cette amélioration se fit graduellement jusqu'en 1850.

 

   Après 1789, les corporations furent remplacées, mais la compagnie des sapeurs-pompiers ne vit réellement le jour qu'en 1817. Elle s'érigea bientôt en société avec un réglement intérieur, mais conforme en tout cas avec la loi sur la garde nationale. Les pompiers tenaient des réunions mensuelles, organisaient des bals et des banquets dans un salon de l'hôtel de ville.

 

   Vers 1851, le corps des sapeurs-pompiers avait un effectif de 87 hommes. Lorsque la garde nationale fût dissoute en 1852, le maire eut à nouveau la charge de réformer le corps. Le service n'étant pas obligatoire, une trentraine de citoyens seulement consentirent à y entrer. Bientôt, ce chiffre fut réduit à 20 hommes.

   De plus, la plupart d'entre eux n'avaient pas de pratique suffisante et lors de l'incendie du théâtre, il fallut faire appel à la garnison. Devant cet état de chose, le maire fit prendre l'uniforme à 50 préposés du bureau de pesage, et l'instruction nécessaire leur fut donnée.

 

   Ce n'est qu'en 1859 qu'on put mettre sur pied un corps de sapeurs-pompiers titulaires de 100 hommes, rendant ainsi inutile le concoure des peseurs. Ce fut un nommé François qui qui en prit la direction.

   C'est le 14 août 1858 que le Conseil municipal vota le principe de la construction d'un hôtel communal pour les pompiers. Une commission fut chargée des plans et devis.

 

   A cette date, me Maire M. MOLLET exprima la demande du capitaine commandant le corps tendant à obtenir de la ville un local devant servir de lieu de réunion et d'exercice pour la compagnie.

Dans sa séance du 17 juillet, le Conseil avait porté son choix sur l'ancienne salle de l'école communale, située rue Emmery et appartenant à l'hospice civil. Seulement les conditions étaient innaceptables en raison de l'état de vétusté du bâtiment. Puis on estima que l'hôtel aurait été trop près de certains mauvais lieux publics. On estima alors qu'ilétait préférable de faire du neuf et que des terrains communaux feraient beaucoup mieux l'affaire. Il s'agissait de terrains situés en basse ville, rue du Fort-Louis.

 

   Une commission fit un rapport à la séance du Conseil du 8 octobre 1858. Ce rapport fit adopté. Après l'approbation de la Préfecture, un crédit de démarrage de 35.000 francs fut accordé; l'adjudication fut lancée le 21 avril 1859, au profit de M. Papegeay, maître-menuisier, moyennant un rabais de 6,35%.

   Un second devis de 7.050 francs fut encore voté, mais M. Papegeay ayant été mis en faillite dans le courant de 1860, on dut faire achever les travaux par voie de régie économique, aux frais de l'entrepreneur.

La dépense totale de la construction et l'ameublement s'éleva à 60.357 francs.

   Le bâtiment a une surface habitable de 325 m², la cour et les dépendances 845 m². Quand on pense que nos HLM reviennent à plus de 700 millions de francs!...

 

   L'hôtel fut mis en service à l'occasion des fêtes des 2, 3, et 4 septembre 1860, mais ne fut terminé qu'en 1861. Les travaux avaient duré deux ans.

Dans la grande salle qui sert aujourd'hui de salle des fêtes municipale, nos sapeurs-pompiers se réunissaient et faisaient l'exercice. Au plafond, sur les solides travées, on peut encore voir las anneaux des trapèzes.

 

   Sur le côté, les bâtiments qui servent aujourd'hui de cuisines municipales, étaient les garages du matériel de sauvetage et d'incendie.

Maintenant, nos soldats du feu auront bientôt une nouvelle caserne, en cours de construction près du pont de Rosendaël.

Quand nous nous réunissons dans la salle du Fort-Louis, nous ne pensons à ceux qui usèrent de ces bâtiments solides.

 

   De nos jours, un étage de maison ça monte vite, mais ce qu'il manque à notre époque pour que la science moderne de la construction puisse s'épanouir librement ce sont des crédits, mais ces crédits nous les arracherons au gouffre des dépenses militaires.


 

La compagnie des Sapeurs Pompiers

de 1789 à nos jours...



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